Hong Kong, les manifestants utilisent FireChat, une messagerie instantanée sans réseau cellulaire ni Internet


On vous le disait en juin dernier: les réseaux Mesh vont faire parler d'eux! En permettant de communiquer instantanément via une application mobile, mais sans passer par un réseau téléphonique classique, ni par Internet, ils aident en effet à passer outre les situations bondées (comme les festivals, les matchs de foot... où il est impossible d'envoyer un texto). Mais aussi à contourner la censure.


C'est le cas aujourd'hui avec Hong Kong, où des dizaines de milliers de personnes manifestent contre le pouvoir chinois et pour davantage de démocratie.


          «Entre dimanche soir et lundi, selon le Wall Street Journal, les Hongkongais ont téléchargé plus de 100.000 fois l’appli gratuite FireChat», rapporte ainsi Rue89.


Le site ajoute que les téléchargements ont décollé suite à une publication d'un leader du mouvement étudiant, Joshua Wong, «seulement âgé de 17 ans», qui appelait à utiliser cette appli.


France Info a par ailleurs réussi à joindre le créateur de cette application, Micha Benoliel, un Français basé en Californie.


          «En déplacement en Asie pour les affaires, Micha Benoliel a décidé de rester une semaine à Hong Kong pour observer l'utilisation faite de FireChat», rapporte ainsi le site de la radio. Au micro, il explique:


          «Il l'utilisent pour se tenir informés, si les routes ou les stations de transports en commun sont bloquées, les endroits où se trouvent les cars de police ou les lieux où ils ont besoin d'aide pour ravitailler les gens en eau.»


Ce n'est pas la première fois que cette application rencontre un certain succès dans ces conditions. En juin dernier, nous expliquions ainsi qu'elle avait été populaire à Taïwan «où l'armée [avait] menacé de bloquer les contenus sur les réseaux sociaux.» Nous citions aussi ce bon article du Monde, qui expliquait que FireChat était aussi très utilisée en Iran, du côté de Notre Dame des Landes, mais aussi dans des zones reculées des Pyrénées.


Le journal du soir rappelait au passage que si FireChat était pratique pour contourner la censure et la surveillance des réseaux, l'application n'était pas complètement sécurisée:


          «Les réseaux Mesh ne protègent pas la vie privée. Ou du moins, ils ne sont pas un garde-fou suffisant. A Berlin, Detroit ou Ljubljana, tous les artisans des Mesh évoquent la nécessité de chiffrer les communications, y compris sur ces réseaux. Mais sans point central, comme les fournisseurs d'accès à Internet, la surveillance du réseau en entier devient plus complexe.»


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